domingo, 31 de mayo de 2015

Chopin - Etude Op.10 No.4 - Kuschnerova

Chopin - Etude Op.10 No.4 - Kuschnerova

Elena Kuschnerova at Lehman College on 1 December 2009

Posted by Elena Kuschnerova, pianist on Miércoles, 2 de diciembre de 2009

sábado, 30 de mayo de 2015

Adèle Van Reeth





I / La philosophie est toujours actuelle pour autant qu’elle réforme les manières de penser, constitue une réforme de l’entendement, une idée jetée dans son temps. Rare est l’attention qui la saisit et la relaie. Il y faut sans doute une sensibilité particulière qui requiert une formation telle que l’Université en dispense. Mais on dira tout autant que certaines pensées passent pour inactuelles et difficiles à rendre publiques, fût-ce par ce biais savant. Une émission comme la vôtre me semble particulièrement propice à jouer entre classicisme et rupture des schémas établis de longue date. Comment s’ouvrir à ce jeu difficile entre l’actualité et l’intempestivité ?


Comment s'y ouvrir…? je ne sais pas, pour ma part je crois que j'y ai toujours été sensible et que c'est une des choses qui me tient le plus à cœur dans l'émission : faire se rencontrer des problèmes vieux comme le monde et des questions atemporelles, avec un événement, une description, des faits qui soient le plus contemporains possibles. Je ne conçois pas l'enseignement ou la transmission philosophique autrement que comme cette tentative de donner un visage familier à des pensées souvent exigeantes, parfois techniques, et qui, alors qu'elles peuvent émaner d'une autre époque, d'une culture dont on ne connaît rien, semblent s'adresser directement à nous, pour peu que l'on détienne les outils nécessaires pour la comprendre. 
Qu'est-ce qu'un professeur de philosophie, sinon quelqu'un qui, d'un côté, de par sa longue fréquentation des textes philosophiques, a développé un rapport de familiarité -qui passe par une connaissance théorique et une sensibilité particulière, un goût -avec des auteurs et des pensées à travers l'histoire de la philosophie, et de l'autre, possède une connaissance du monde contemporain telle qu'il n'a aucun doute sur la manière avec laquelle il doit s'adresser à ses élèves pour les rendre attentifs aux enjeux contenus dans les pensées qu'il enseigne ? Loin d'être dans sa tour d'ivoire, le professeur de philosophie est celui qui se doit de connaître le monde dans lequel il vit de manière à pouvoir faire entendre la pensée de ceux qui écrivaient dans un autre temps. 
Dès lors, pour s'approcher des idées lointaines et inconnues, pour incarner ce qui semble abstrait (car pas encore compris), quoi de mieux que de chercher la manière dont ces idées et problèmes prennent forme dans notre époque ? Tel personnage d'avocat dans un film hollywoodien des années 40 incarne à merveille ce qu'Aristote dit de la rhétorique, telle chanson décalée (par exemple, "Je n'ai pas changé" de Julio Iglesias, mais oui), prise au sérieux, va permettre d'opposer une objection à Pascal qui se demande si le Moi n'est jamais autre chose que des qualités empruntées. Oui, mais si l'amour ne change pas, ne peut-on dire alors qu'il y a quelque chose du moi qui naît, et qui subsiste… ? Et la fin de "Camille redouble" (2011), de Noémie Lvovsky, ne dit pas autre chose : si l'amour subsiste, c'est que le Moi a un sens qui n'est ni une essence, ni une substance, peut-être des fragments factices, mais suffisamment vivants pour susciter et maintenir l'amour.
Ces effets de ruptures et de contrastes propres à l'émission témoignent d'une attention très forte accordée au rythme. Pas de vie sans rythme du cœur, pas de pensée sans rythme des paroles, sans respiration, pas de création sans ruptures. La surprise et l'humour ont toujours été de grands vecteurs pédagogiques. C'est aussi une manière d'inclure la sensibilité, le goût et le caractère dans la réflexion. De susciter un sursaut, un froncement de sourcil ou une moue désapprobatrice – autant d'effets qui signalent une attention éveillée et un jugement prêt à s'exercer. 


II/ L'émission se déroule dans l'espace de l'heure. C'est du purement actuel... une performance. Un peu comme un cours, une leçon... avec sa régularité quotidienne, une limite qui s'ouvre à 10h ! Mais c'est plutôt une heure qui se compose à deux, un dialogue. Encore que le mot de dialogue n'est pas juste, parce qu'il y a en amont un livre, des textes, une équipe. Et puis un studio avec le dispositif technique, les extraits qui sont lus, une part de représentation... Sans parler du public qu'on ne voit pas, qui est là pourtant dans la prise du direct, dans la capture de l'événement... De quel côté se place la voix, se décide ce que vous allez dire? Comment vous sentez vous au moment où l'horloge marque le point de départ, l'actualité qui vient? A la proue? Au devant d'une fosse d'orchestre? 


La question que vous posez revient à essayer de déceler la magie de la radio. Car il s'agit bien de magie : je peux arriver triste, en colère, fatiguée, distraite; dès que le micro s'allume, tout est suspendu. J'entre dans un autre monde, véritablement. La seule chose qui compte : ce que dit mon invité et le moment où je vais diffuser les éléments que j'ai choisis préalablement avec mon équipe. Grâce à cette équipe, l'émission est extrêmement bien préparée quand j'entre en studio. J'ai travaillé les textes dont il va être question, cerné les enjeux et problèmes que je souhaite mettre en avant, sélectionné les textes qui me paraissent décisifs pour les donner à entendre au moment propice, j'ai pris le temps de m'immerger totalement dans l'univers théorique sonore du jour. Dès lors, au moment d'entrer en studio, je n'ai plus qu'une chose à faire : déployer toute la concentration dont je suis capable pour écouter l'invité – sur le fond, certes, mais aussi sur la forme : s'il parle lentement, épouser son rythme, ou, au besoin, le titiller pour l'animer davantage. S'il s'exprime avec emphase et enthousiasme, ménager des moments plus calmes, l'inviter à développer certains points sur lesquels il passe trop vite. Je n'ai aucune question rédigée, mes interventions sont entièrement commandées par les propos de mon invité et les éléments sélectionnés en amont (extrait de films, d'archives, de romans) qui sont autant de manières de faire avancer la discussion. Un élément correspond toujours à une idée, une objection, un contre-exemple. Même les chansons ne sont jamais purement illustratives, elles expriment toujours une façon de formuler différemment le problème du jour. 
Donc quand le micro s'allume, je suis là, absolument présente au moment qui va durer une heure et qu'il me revient de rendre le plus enrichissant, le plus agréable, et le plus fécond possible. Pendant une heure – 54 minutes exactement-, je suis entièrement requise par cet exercice qui, comme tous les moments de grande liberté, est en fait extrêmement balisé. Mais le balisage se fait dans l'instant. Parce que l'émission est très préparée, je peux me permettre d'en improviser totalement le déroulement. Je ne sais jamais où on va, au grand damn de mes invités que cela déstabilise souvent. Je connais ma première question, mais après, on construit l'échange à deux, ou plutôt il se construit de lui-même, au gré des réponses. Je tiens à parler le moins possible à mon invité avant l'émission de manière à me laisser surprendre par sa façon de parler, à découvrir, en même temps que l'auditeur, ce qui lui tient à cœur. Je mise toujours sur les bienfaits de la spontanéité. Avec une préparation solide et un peu d'expérience, tout est possible, c'est ce qui est grisant. 



III /Tout ça peut-il vous donner le sentiment de ne pas "prendre", de louper, de vous échapper ou de se retourner ? Qu'est ce qui vous fait éprouver le sentiment d'une réussite ou parfois d'un échec si chaque cas est autre, nouveau, sans disposer de règles universellement valables, déployé plutôt dans l'élément de la fortune, voire encore de la prudence? Comment anticiper ce risque de l'actuel?


C'est un trait de caractère : je vis très mal la déception. Alors je m'arrange pour ce que ça ne soit jamais le cas…ce qui demande beaucoup de travail, de constance, d'obstination, mais honnêtement, c'est une telle chance que de donner la parole aux plus grands spécialistes de tous les sujets possibles et imaginables en philosophie que je l'accepte avec plaisir ! Je suis très souvent déçue par moi-même, ça oui, mais très rarement par l'invité. J'ai une telle curiosité envers ce que je vais découvrir, apprendre, transmettre, et je m’investis tellement dans le choix des moyens possibles pour faire entendre cette pensée que je souhaite donner à entendre, qu'il reste peu de place pour la déception. Une émission aura manqué de technicité ? Peut-être, mais nous aurons alors touché ceux de nos auditeurs qui sont rebutés par le jargon. Telle émission, au contraire, aura été aride, technique, excluante sans doute pour ceux qui ne connaissent pas le sujet ? Et bien j'aurais peut-être apporté quelque chose aux plus aguerris de nos auditeurs, et j'aurais rappelé aux autres que la philosophie est autant affaire de clarté que d'exigence…
Chaque émission est un risque, vous avez raison. Un saut dans le vide et sans filet. C'est ce qui rend l'exercice exaltant. Je ressens l'échec quand j'ai failli à mon rôle : celui de rendre claire et compréhensible toute pensée, si difficile soit-elle. Rien n'est incompréhensible en trouvant les mots justes pour désigner ce dont on parle. Rien de plus difficile, il est vrai, mais rien de plus nécessaire, aussi, en philosophie. C'est une discipline qui met sans cesse en question les mots qu'elle emploie. D'où le recours à d'autres médiums, littéraires, artistiques, musicaux, pour exprimer ce que l'on peine à désigner parfois. 
Faire sentir la contingence et proposer des moyens de s'en accommoder, c'est une manière de concevoir cette heure de dialogue. C'est le monde sub-lunaire aristotélicien : les futurs sont contingents, mais on peut mettre en place quelques certitudes pour naviguer – à vue- le temps d'un échange. 
Si ça ne "prend pas", comme vous dites, je suis l'unique responsable. C'est ma feuille de route que de trouver l'attitude à adopter face à chaque invité de manière à lui permettre de déplier sa pensée comme il l'entend. Je suis au service d'une pensée qui n'est pas la mienne, c'est ce qui permet de rester libre dans l'exercice de ce métier. Mon seul but : rendre la pensée aussi vivante que possible.

Adèle Van Reeth
Propos recueillis par J. Cl. Martin

viernes, 29 de mayo de 2015

Cómo Marion Cotillard ha logrado ser una estrella global sin salir de Francia

MARION COTILLARD

Marion Cotillard regresa al Festival de Cannes por cuarto año consecutivo, tras De óxido y hueso, El sueño de Ellis y Dos días, una noche. Como siempre, parte como favorita porMacbeth, aunque de momento acumula tres derrotas. Y a ella no puede importarle menos.
La adaptación de esta tragedia de Shakespeare (la menos explotada por Hollywood) estará dominada por la Marion Cotillard más despiadada y tóxica que hemos visto hasta el momento. Precisamente, su personaje en Origen era una clara reinvención de Lady Macbeth, como elemento de tentación y destrucción ante un héroe (y cuando digo “héroe” quiero decir “pringao”) incapaz de existir sin ella. En este caso, Lady Macbeth es mucho más despreciable, pues no es un simple detonante imaginario sino una pelleja amargada ansiosa de un poder automáticamente otorgado al panoli de su marido por ser hombre y al que ella nunca podrá acceder por ser mujer.

Lo que haría que Shakespeare se quedase rubio de la impresión sería ver cómo Hollywood ha convertido a su Lady Macbeth (descrita por él como una mujer que parece un hombre con corsé) en la belleza más magnética del cine actual. Porque no es que Marion sea guapa, es que es como mirar a Dios a los ojos. Para entendernos, si Shakespeare fuera director de casting habría cogido a Glenn Close o Sigourney Weaver. Sospecho que ver cada uno de los planos que comparten Marion y Michael Fassbender (su co-protagonista) será la mejor experiencia sexual que hayamos tenido en nuestra vida. Y ni siquiera nos ha pasado a nosotros.

Todo lo que Hollywood quería de Marion Cotillard es que fuese guapa y llevase un poco de clase a sus alfombras rojas. Las americanas podrán ser muy monas, pero llevan la vulgaridad en los genes (no hay más que ver sus bailes de graduación), así que son las británicas, francesas y australianas las que saben andar con tacones sin parecer yeguas, posan sin poner los brazos en jarra y son conscientes que la elegancia va mucho más allá de llevar tanga en verano para que no se les quede la marca de la ropa interior.

Claro que Marion es mucho más lista que otras como Mila Kunis, y no basa su estrellato en su vibrante fotogenia, sino que lo explota para construir personajes llenos de dignidad, tan vulnerables como poderosos. Le encanta la moda (a menudo colabora con Dior como imagen y diseñadora), pero no se conforma con ser famosa por saber combinar el bolso con los zapatos como Sienna Miller. Marion es un precioso lienzo sobre el cual sus directores dibujan personajes de sentimientos fragmentados y ataques de ira.

Esto explica su impredecible criterio para aceptar papeles. Desde que ganó el Oscar por La vie en rose (el sexto intérprete en ganarlo con un personaje de habla no inglesa, y el tercero en una película europea tras Sofia Loren y Roberto Benigni), Hollywood ha intentado apropiársela y colocarla en el mismo pedestal al que ha relegado a todos sus actores extranjeros: el de los villanos de cine de acción que no tienen ni idea de inglés excepto para explicar con todo detalle su maléfico plan justo antes del tercer acto.

Marion ha pasado de lo que Hollywood tenía reservado para ella, y ha aprendido la lección de aquella Penélope Cruz que solo estaba en Estados Unidos para llevar vestidos de lino semi-transparentes hasta que regresó a Europa para encontrar su prestigio como actriz. Por eso Cotillard no ha dejado de trabajar en Francia, donde sabe que sí es la primera opción de todos los directores cuando tienen un gran papel femenino entre manos. De hecho, es la primera mujer de la historia que logró ser el intérprete mejor pagado de Francia, en 2011 y 2012. Pocas interpretaciones tan demoledoras recuerdo como las suyas (con la cara lavada y las puntas abiertas) en Pequeñas mentiras sin importancia, De óxido y hueso, El sueño de Ellis y Dos días, una noche. Si su carrera se redujese a su trabajo en Estados Unidos, ahora mismo estaría haciendo cola en inmigración para que no la echasen del país.

A ella no le hace falta green card, y es perfectamente capaz de rodar El caballero oscuro. La leyenda renace (donde se notaba que estaba leyendo sus diálogos en un teleprompter) interpretando a una misteriosa rica heredera que podríamos eliminar de la película y seguiría siendo igual (de mala), pero yéndose en sus eternos ratos libres a rodar De óxido y huesoen la que interpretaba a una fan de Katy Perry sin piernas, resumiendo mucho. Esta última le dio varias nominaciones a premios en USA. Sin embargo, en la de Batman nadie se acuerda de que salía. Ni siquiera ella (su contable sí).

La actitud de Marion podría resumirse en “hago lo que me sale del chatte”, consciente de que su apabullante talento le seguirá dando trabajo. Puede que en Hollywood ser una bocachancla te hunda la carrera, pero en Europa puedes decir todas las tonterías que quieras y no te va a faltar trabajo. Si Roman Polanski sigue siendo considerado aquí un “genio extravagante” tras su escándalo de drogas y abuso de menores, aquí nadie va a condenar a Marion por decir que el 11-S es una conspiración del gobierno americano. Ni por decir que en realidad el hombre nunca llegó a la luna. Porque lejos de acabar convertida en la loca de los gatos que es en realidad, ella ha nacido para hacer que todo lo demás nos parezca vulgar y monstruoso.

Tampoco le perjudicó quejarse de que la campaña al Oscar es la peor experiencia de su vida y que se sintió como una vaca marcada con un hierro incandescente en el trasero. Por supuesto lo hizo después de haberlo ganado. Insisto, es muy lista. Y lo mejor es que este mismo año ha logrado su segunda nominación sin pisar suelo estadounidense para promocionar Dos días, una nochemangándole el hueco a una Jennifer Aniston que se había dejado la piel mendigando una nominación por Cake. Porque cada vez que algún actor de Friends recurre a aparecer con sus ex-compañeros en algún programa, es porque tiene una peli muy mala que promocionar.

Eso se llama tener dignidad, y estar por encima de todo. Eso es lo que engrandece a Marion. Es guapa porque nació así, y se niega a operarse porque según ella no soporta tener cosas dentro. El que está encantado con su genética superior es Guillaume Canet, su pareja desde que coincidieron en Quiéreme si te atreves, una especia de remake esquizofrénico de Amelie que daba en el clavo: Amelie lo que era es una loca y una acosadora que pedía a gritos una orden de alejamiento.

Por otra parte, tampoco reniega de su belleza (claro que nadie lo haría si tuviese esa cara), y la utiliza como una herramienta más de sus interpretaciones. Al contrario, tuvo que deshacerse de su sensualidad para el papel de su vida (Oscar, Globo de Oro, Bafta y César), el de Edith Piaf,calva, medio coja y jorobada, en un personaje que también le habría venido de perlas a Glenn Close. Quizá diga demasiadas chorradas, como que se pasó un mes durmiendo con el guión de Big Fish debajo de la almohada porque cree en la brujería, pero en realidad representa un nuevo modelo de mujer.

Una mujer que lo mismo diseña un bolso para Dior que se encierra en una jaula para protestar por el encarcelamiento de militantes de Greenpeace en Rusia. Una artista inquieta y ambiciosa que aprendió danés tras ver Celebración, y español cuando se enamoró de Los amantes del círculo polarElla trata de luchar por su integridad, incapaz de evitar ser una estrella subversiva. Pero también sabe que tener compromiso social y político no significa ir a las entregas de premios hecha unos zorros como si viniera de un botellón. Lo de ser estrella no lo ha elegido ella, pero tampoco va a huir de la fama y el brillo de una industria que a todos nos ha fascinado desde niños.

Como ese brillo no va a cegarle pero a la vez le debe encantar ganar dinero, sus siguientes proyectos son Juste la fin du monde, de Xavier Dolan y la adaptación del videojuego Assassin's Creed, que la reunirá con Michael Fassbender y el director de Macbeth. Que un sociópata egocéntrico como Dolan quiera contar con ella deja claro que Marion es humilde, profesional y trabajadora, tal y como alabó Christopher Nolan. Eso es lo que la ha llevado a ser la actriz con más prestigio del planeta, porque guapas hay muchas, pero Marion es un milagro, que nos hace sentir orgullosos de la raza humana aunque lo único que tengamos en común con ella sea ser unos bocazas en público.

Y por cierto, su magia negra le dio el papel en Big Fish. Y los activistas de Greenpeace fueron absueltos.

miércoles, 27 de mayo de 2015

El misterio de ‘las niñas perdidas’ llega a España



En España nacen más niños que niñas de padres indios. Y la disparidad estadística es de tal magnitud que no puede explicarse simplemente por el azar. La primera investigación sobre las llamadas niñas perdidas indias en España apunta a la práctica de abortos selectivos para elegir el sexo de los recién nacidos. Miembros de la comunidad india en España explican que la preferencia de varones es indiscutible y  profesionales sanitarios relatan algunos casos con los que se han topado, aunque advierten que resulta muy difícil detectar prácticas de este tipo. El de las niñas perdidas indias es un fenómeno bien documentado, que se replica también en las diásporas. En India, las autoridades han declarado la guerra al llamado feticidio por razón de sexo.
Libertad González, profesora de la Universidad Pompeu Fabra, ha analizado 3.366 nacimientos de bebés de padres indios en España entre 2007 y 2013. “El resultado es que nacen muy pocas niñas de familias indias en España. La explicación más probable es la existencia de abortos selectivos en función el sexo”, explica por teléfono desde Estados Unidos durante una estancia académica. Sus datos, que presentará el viernes en Madrid en el encuentro científico de Economía de género COSME, indican que por cada 100 niñas nacen 119 niños. Los datos de González indican también que la diferencia entre niños y niñas es mucho más elevada para los segundos y terceros hijos, siendo casi igual en los primeros. Durante el periodo estudiado habría unas 200 niñas perdidas, según sus cálculos. En el Ministerio de Sanidad aseguran que los datos de abortos en España desglosados por países no son públicos.
Unas 40.500 personas tienen nacionalidad india en España, según los datos del Instituto Nacional de Estadística. Buena parte de ellos llegaron en la última década y proceden de regiones del norte, donde los abortos selectivos son más frecuentes. “Aunque estemos en España, la mentalidad de muchos indios no cambia respecto a la preferencia de niños frente a las niñas”, opina Meelan Rami, mediadora intercultural hindú del hospital del Mar en Barcelona. Cuenta que al centro no llegan casos de abortos selectivos, pero que en la calle es otra cosa. “Conocí el caso de una mujer india que tenía tres hijas y cuando se quedó embarazada de la cuarta quiso abortar, pero había pasado las 20 semanas. Se fue a India para intentarlo y tampoco lo consiguió. Al final, tuvo un quinto hijo para que pudiera heredar”. Rami explica que hay mujeres que optan por viajar a India.Una mediadora cultural paquistaní también de Cataluña y que prefiere ocultar su identidad, recuerda cómo hace unos meses acudió al centro de salud una mujer india acompañada de su marido. Ya tenían una hija y ahora ella estaba embarazada de 12 semanas. “Querían saber si el bebé iba a ser niño. La ginecóloga les dijo que tenían que esperar a la siguiente ecografía. El marido dijo que si era niña, abortaría. Al final fue niña y abortaron. Después volvió a quedarse embarazada y tuvo un niño”. Entre un embarazo y otro, la mediadora le perdió la pista a la pareja. “En la consulta nos preguntaron por medicamentos abortivos. Después dijo que se los traería un amigo de India”.El caso de España no es único. Naciones Unidas calculó en 2012 que en el mundo podría haber unos 117 millones de niñas perdidas, la mayor parte indias y chinas.  En India, el Gobierno aprobó una ley en 1994 para frenar los abortos selectivos mediante un exhaustivo control de los equipos de diagnóstico. En las diásporas indias, el patrón de natalidad se replica, según Christophe Guilmoto, demógrafo del Instituto de Investigación para el Desarrollo de París y especialista mundial en selección de sexo prenatal. “Los abortos selectivos son la principal explicación de la selección de sexos en todo el mundo”. Detalla que en Reino Unido y EE UU las estadísticas reflejan una inclinación a favor de los varones. E indica que, en el caso británico, “con el paso de los años el reparto de sexo se ha ido pareciendo cada vez más al de los nativos”.Indios residentes en España corroboran la indiscutible preferencia por los niños, aunque aseguran desconocer casos de abortos selectivos. “El niño será el heredero”, explica Kamar Zaman, traductor jurado del Punjab. Madou Shawkatramni, que regenta una tienda de móviles en Madrid, cree que la mentalidad está cambiando muy rápido y que la preferencia por las hijas obedece a una mentalidad tradicional, menos arraigada entre los que emigran. “Pero todavía hoy la mujer cuando se casa pasa a formar parte de la familia del marido y la pierdes después de haber gastado enormes cantidades en la dote. Tengo amigos que son abuelos y todavía están pagando la deuda de la dote”. Por eso, asegura, en la comunidad todos se cuentan qué alimentos se deben tomar para concebir varones o cuándo el influjo de la luna es más favorable.
El sexo del bebé se puede apreciar en ocasiones antes de las 14 semanas, en las que la ley española permite el aborto. Otras, hay que esperar más, explican los especialistas. Pero cada vez más los laboratorios ofrecen pruebas en Internet para desvelar el sexo antes. “Con ecografías, depende de la pericia del obstetra y de la máquina, pero con la sangre materna se puede determinar el sexo de forma muy fiable a partir de la semana décima”, explica Javier García Planells, presidente de la Asociación española de diagnóstico prenatal.
Santiago Barambio es ginecólogo de la clínica Tutor Médica de Barcelona, especializada en interrupción del embarazo y cuenta cómo él ha visto en su consulta “a un hombre llorando en mi clínica porque iba a ser niña y casarla iba a ser carísimo”. No tiene evidencias de abortos selectivos, pero explica que con la ley actual no hay porqué desvelar la causa del aborto durante las primeras 14 semanas y que, en cualquier caso, sí hay indicios de que se producen abortos clandestinos y con medicamentos. “Es muy difícil luchar contra esto”, dice este médico que propuso sin éxito durante la redacción de la ley del aborto de 2010 “que no sea legal el feticidio por razón de género, anticipándonos a situaciones que ya se están dando en otros países”.

martes, 26 de mayo de 2015

María en tierra de nadie / María in nobody´s land

María en tierra de nadie / María in nobody´s land from Marcela Zamora Chamorro on Vimeo.

En este documental nos adentrarnos en el recorrido de dos mujeres salvadorenas, que en búsqueda del sueno americano, deciden irse por tierra a Estados Unidos sin documentos legales y una madre de 60 anos que hace la ruta de los indocumentados, en busca de su hija desaparecida en territorio mexicano.


The story of two Salvadoran women that look up for the American dream and try to get to the United States without having legal documents, and a salvadorean mother that look up for her disappeared daughter in Mexican territory in the route for the American dream.

Dirección: Marcela Zamora

Producción: Marcela Zamora, Oscar Martinez, Edu Ponces

Fotografía: Keren Shayo

Edición: Leopoldo Nakata

Diseño Sonoro y Mezcla: Gina Villafañe

Una co-producción de: El Faro (El Salvador), Ruido Photo (España), IDHEAS (México)

lunes, 25 de mayo de 2015

La foto de Ada Colau que todo el mundo ha compartido en redes



Ada Colau durante una protesta en un banco



La activista antidesahucios Ada Colau ha ganado las elecciones municipales de Barcelona, al frente de la plataforma ciudadana Barcelona en Comú. En las redes se ha recordado cómo Colau ha pasado de ser detenida por agentes durante sus protestas a la responsable de la policía municipal en la ciudad. La foto es de julio de 2013, cuando Colau y la Plataforma de Afectados por la Hipoteca pedían en una oficina del Banco Popular la dación en pago para un hombre que no podía hacer frente a los pagos de la hipoteca. Eso sí, el agente no es de la guardia urbana, sino un mosso d'esquadra, que depende de la Generalitat de Catalunya.
La segunda foto más compartida, en la que aparece escoltada por dos agentes, fue la escogida por la BBC para ilustrar un perfil de Colau publicado en febrero de 2014, en el que la activista afirmaba: "No soy particularmente inteligente, no soy poderosa. Sólo soy una persona normal y eso es lo que más les preocupa. Esto es una muestra de cuánto poder tienen los ciudadanos normales".
Colau fue portavoz de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca, organización que además de organizar campañas para intentar evitar desahucios, ofrecía asesoramiento legal a los afectados. Como escribe Xavier Vidal-Folch en El País,si eres un barcelonés desahuciado que acude buscando ayuda al ayuntamiento, “te redireccionan a la PAH, ‘porque allá arreglan el 90% de los casos’”.

viernes, 22 de mayo de 2015

Doña Angelita: la española que vislumbró la era digital en los años 40





El cielo de Estados Unidos ardió en fuegos artificiales. Fue el 4 de julio de 1971. Michael Stern Hart fue a verlos y, al volver a casa, entró en una tienda de comestibles. En la bolsa de la compra introdujeron, como regalo, un pequeño libro con la Declaración de Independencia de EEUU. Al llegar al apartamento, encendió su máquina de teletipo, copió el texto e intentó enviarlo al centenar de usuarios que usaban entonces la red Arpanet. El sistema no podía transmitir una información tan pesada y el estudiante de interfaces la empaquetó en un archivo descargable.
La Historia atribuyó a Hart la invención del libro electrónico pero unas décadas antes, muy lejos de ahí, ocurrió algo insospechado que ya vislumbraba el ebook y la tableta digital. Fue en la España aciaga de los años 40. En El Ferrol del Caudillo.
En esa ciudad militarizada vivía una maestra llamada Ángela Ruiz Robles. Había nacido en 1895, en Villamanín (León), pero a los 23 años aprobó unas oposiciones del Estado y la enviaron a Galicia. Allí trabajaba en un colegio nacional y, cuando terminaba, daba clase a adultos analfabetos que no podían pagar su educación. También se hizo empresaria. Creó una academia para preparar oposiciones y, al cabo de unos años, fundaría una editorial para publicar sus libros.
Después de 20 años dedicada a la educación se había instalado una certeza en su vida: los métodos de enseñanza de la época resultaban aburridos y poco útiles. Aprender se basaba en memorizar y todo lo que tenían que recordar de memoria estaba escrito en unos libros que acarreaban todos los días desde su casa al colegio en una cartera que cualquier día les doblaría la espalda.
Doña Angelita, como la llamaban sus alumnos, pensaba que los materiales que se utilizaban en el colegio habían quedado congelados en el tiempo. A menudo decía: «Si los muertos resucitaran, verían los avances en teléfonos, en que ya no tardamos 24 horas en llegar hasta Madrid, en los televisores… Se darían cuenta del paso del tiempo. Pero si miraran la enseñanza, pensarían que no había pasado el tiempo, o que se equivocaron de siglo y que continuábamos como en la Edad Media».
La profesora pensó que había que hacer algo para rescatar la enseñanza de ese pasado en el que estaba atrapada. Por las noches, cuando acostaba a sus tres hijas en su casa de El Ferrol, encendía una luz tenue y empezaba a trabajar en su máquina de escribir. De aquellas veladas y aquella ambición saldrían 16 libros sobre ortografía, taquigrafía y gramática, y tres inventos.

EL LIBRO MECÁNICO
El primero fue un «libro mecánico» que hoy recuerda a una tableta digital. En 1949 Ruiz Robles presentó un soporte de lectura compuesto por unas láminas con un dibujo de un cerdito flautista y otro de un cactus. En distintas partes del animal había un texto escrito que se iluminaría cuando el estudiante lo tocara. Posar el dedo sobre un lado de la pajarita que llevaba al cuello alumbraría esta frase sobre todas las demás: «Dividir : es repartir». Al tocar el otro lado, resplandecería: «Multiplicar X es aumentar».
El invento quedó recogido en la patente 190698 como un dispositivo con«procedimiento mecánico, eléctrico y a presión de aire para lectura de libros». La profesora lo presentaba en ese documento como un aparato de «enseñanza intuitiva, amena y para aprovechar con rapidez los momentos que la atención pueda estar fija hacia un punto determinado». Hablaba de las «ventajas extraordinarias de la presentación real de las cosas para, con deleite y agrado, conseguir el máximo de conocimientos con un mínimo esfuerzo».
Doña Angelita, que entonces era directora del instituto Ibáñez Martín, redactó en el formulario de la patente que quería aprovechar esas materias que «se están aplicando a los avances y progresos, para el aprovechamiento y bien común de la Humanidad». Eran la electricidad, «el llamado cristal irrompible (plexiglás)» y la «goma elástica, fuerte y resistente a la presión del aire».
En ese primer libro mecánico, Ruíz Robles introdujo ya el concepto de hipertexto. Proponía que una pulsación descubriera un texto y que una pantalla fuera la puerta a distintas informaciones. La profesora planteó este diálogo igual que se produce hoy en una tableta. Entre una pantalla y un dedo. Entre sus bocetos, hay dibujos que explican cómo sería el circuito eléctrico y cómo estarían dispuestos los empalmes de las pilas, las lámparas, los pulsadores y los hilos conductores.
«Esa patente está basada en cables eléctricos que iluminan un texto cuando alguien lo toca. Es como una pantalla táctil. Al tocar el cerdito, se iluminan unos metadatos. Tenía un concepto actual pero no pudo crear ningún prototipo porque no era fácil con los materiales de antes. En esa época ni siquiera había transistores. A Ángela no le gustaban los libros tradicionales. Pensaba que era más interesante ver y tocar que pasar páginas», explica Santiago Asensio, responsable de la publicación Ángela Ruíz Robles y la invención del libro mecánico, frente a un expositor que muestra los inventos en el Espacio de Fundación Telefónica en Madrid. Ahí estarán hasta el 28 de junio y después volverán a su lugar habitual, el Museo de Ciencia y Tecnología de A Coruña.
Doña Angelita escribió en la patente que la lámina podría «tener la propiedad de ser luminosa» para que los alumnos pudiesen leer y estudiar «sin más luz que su resplandor». Pero, además, pensó que ese dispositivo tenía que ayudar a leer a los niños que veían las letras borrosas y por eso incluyó un sistema de lentes de aumento que hacía los textos más grandes. Era exactamente lo mismo que hoy hace el zoom.
La leonesa mantuvo la esperanza de poder fabricar ese primer libro mecánico hasta 1961. Ese año dejó de pagar la patente, según Asensio. Pero eso no significaba que había desistido. Al contrario. Al año siguiente fue al registro con un nuevo artefacto que mejoraba al anterior. Doña Angelita registró la enciclopedia mecánica. Aunque antes de llegar a lo que definió como un «aparato para lecturas y ejercicios diversos», surgió otro invento en sus noches de estudio.

EL ATLAS GRAMATICAL
Eran los años 50. El país todavía arrastraba hambre y escasez. Ruíz Robles seguía dedicando sus veladas a buscar alternativas al libro tradicional. Esta vez pensó en un formato que también era de papel. Lo llamó Atlas gramatical y, en una versión mejorada, Atlas científico gramatical. En su planteamiento pedagógico, esta obra también se adelantó a su tiempo. Los materiales, en cambio, estaban ubicados en aquel presente y por eso se pudieron producir. El primer atlas era un desplegable en papel, organizado en resúmenes y enlaces que llevaban de unas materias a otras. El segundo fue más ambicioso. La maestra intentó que sus contenidos relacionaran lecciones de ortografía, morfología, fonética y sintaxis con la geografía del país al ir pasando de una página a otra. Era el concepto del hiperlink en versión analógica.
«El fin primordial ha sido el ofrecer a la humanidad un mapa y atlas gramatical que vayan paralelos con la estructura social del mundo y que respondan al progreso del vivir actual. A la vez contribuye a extender el idioma como medio fiel del pensamiento», escribió la periodista Carmen Payá en un artículo que dedicó a la inventora en su libro Una mujer triunfa.
Ese mismo año, Dígame, una de las revistas semanales más populares en la década de los 60, publicó una entrevista a la inventora en la que el periodista escribió: «Si no fuera porque ocuparía un espacio del que no dispongo, les explicaría a ustedes la ingeniosidad del ‘Primer Atlas Científico Gramatical’, que también se exhibe en París. Este atlas resume, en pocos párrafos, una gran cantidad de textos. Del mapa de España, en el centro, salen cuatro flechas hacia otros mapas de España también. En estas flechas se lee, respectivamente: Fonética, Sintaxis, Morfología y Ortografía. Rodean a los cuatro mapas de los extremos unas como pequeñas islas. Cada una de ellas responde a una enseñanza condensada en pequeños párrafos. Todo muy ingenioso, práctico, rápido y, sobre todo, divertido. Es el compendio de aquella frase famosa de “enseñar deleitando”. ¡Ah! y al final del atlas están Europa, Asia, África…, dispuesto todo del modo más original».
El dictador Francisco Franco había cerrado las puertas del país y lo había convertido en una autarquía. La maestra, que vivía frente a la inmensidad de un océano, se adelantó de nuevo al tiempo y no tuvo en cuenta esas verjas para crear sus nuevos métodos de enseñanza. El atlas, dijo en una entrevista, «es de una facilidad asombrosa para que los extranjeros aprendan el idioma español a la vez que conocen la geografía de España». Los dos atlas se imprimieron en color y fueron admitidos por la Real Academia Española y el Ministerio de Educación.
Esta misma idea apareció de nuevo, seis décadas después, en un proyecto que une la Wikipedia con Google Translate. El mapa interactivo, llamado Wordmap, está formado por una caja y un planisferio. El que entonces sería ‘estudiante’ y hoy es ‘usuario’ introduce un término en ese campo y busca un destino del mundo con su cursor. Al hacer clic sobre un país, suena esa palabra en el idioma del lugar señalado.
–¿Qué hace usted para inventar? –preguntó Carmen Payá a Doña Angelita.
–Conocer profundamente una materia. A esto ayuda poseer la mayor cultura posible y conjuntamente con estos bagajes humanos, la inspiración, que es obra de Dios, claro.
–¿Una buena inventora puede ser al mismo tiempo una buena ama de casa? –cuestionó en una entrevista, en 1958, en el diario Pueblo.
–Sí. Sí. Pero es necesario que los sirvientes o personas que le rodean no la obliguen a conversaciones amplias de cosas de tipo corriente. El silencio es imprescindible, pues facilita la gestación de esas ideas, que luego favorecen el progreso del mundo.
Aquella profesora de Ferrol tenía la misma actitud que muchos de los grandes inventores y visionarios de la historia. La ambición de doña Angelita, igual que la de Nikola Tesla, Steve Jobs o Ferran Adrià, era infinita. Mejorar la enseñanza se convirtió en la obsesión de su vida. «No se siente nunca satisfecha. Desea constantemente estar venciendo dificultades, solucionando problemas que acorten cada vez más el periodo de la enseñanza, de todas las enseñanzas», escribió en otro artículo Carmen Payá. «Es la directora del grupo escolar Ibáñez Martín, de El Ferrol del Caudillo, y cuando termina su trabajo, se encierra en su casa a insistir en los inventos. A perfeccionar los ya hechos o a inventor otros».

LA ENCICLOPEDIA MECÁNICA
En 1962 registró un nuevo invento. Fue el aparato que la ha rescatado del olvido y la ha introducido en la Wikipedia como precursora del ebook. Los galardones y las entrevistas de Doña Angelita se iban colando por el absorbente agujero del pasado hasta que un día el subdirector de transferencia de tecnología del Ministerio de Economía y Competitividad, y a la vez nieto de la profesora, Daniel González de la Rivera, se acercó al jefe de publicaciones del organismo, Santiago Asensio, y le dijo:
–MI abuela inventó un libro electrónico en los años 40.
–¿¡…!? ¡¿Cómo!? –preguntó Asensio, sorprendido y un poco incrédulo.
Ese dispositivo era la enciclopedia mecánica. La profesora construyó un único prototipo de ese «aparato para lecturas y ejercicios diversos», con patente 276346, en el Parque de Artillería de El Ferrol. «Es un libro que, cerrado, no abulta más que un estuche o cartera del tamaño de un libro corriente. Su peso es insignificante. Abierto es de fácil manejo y puede utilizarse en cualquier forma o figura y estar también en cualquier pantalla de cine o de televisión. Pueden llevar sonoridad con explicación de temas en forma intuitiva, práctica, atrayente y amena», explicó en una entrevista que tenía como título La enciclopedia mecánica para todos los idiomas ha sido inventada por una española.
«Intuitiva», mencionó Ángela. Esta palabra guía hoy a legiones de programadores en todo el mundo. Y en su objetivo, aquel aparato también recuerda al presente: almacenar mucha información en poco espacio y llevarlo de un lado a otro sin partir la espalda, es decir, la portabilidad.
La enciclopedia parecía un pequeño maletín. De alto y largo era un poco más grande que una tableta actual. El ancho era varias veces mayor. En su interior se colocaban unas bobinas con distintas asignaturas, en español, inglés y francés. El niño cambiaba los carretes cada vez que estudiaba una materia en lugar de cambiar de libro. Esas bobinas hacían el papel de lo que fue después el disquete, el CD, el USB o las aplicaciones.
La inventora volvió a tener en cuenta a los niños con problemas de visión e incluyó en su proyecto la posibilidad de incorporar unas lentes de aumento, el actual zoom. Pensó que debía haber muchos dibujos y, en la parte inferior, dejó un espacio para incluir tecnologías de sonido y calculadoras cuando las inventaran en un tamaño más discreto al de aquellos primeros magnetófonos de la época.
«Para escribir, tenemos máquina; para ver, televisor; para hablar, teléfonos y tantos otros ingenios que el hombre ha hecho. Los estudios reclaman esta corriente mecánica para que los lleve paralelos con el ritmo acelerado de la evolución técnica universal», explicó en una de sus presentaciones. «No tiene páginas. Tiene materias que van en bobinas como máquinas de fotografiar o el mismo cine y esas pueden ser igual en japonés que chino, que ruso, que francés o italiano. Puede llevar sonoridad, tiene la posibilidad del cristal aumentado y las piezas son intercambiables. Y todo queda del tamaño de un libro corriente y de facilísimo manejo».
Doña Angelita podía imaginar ya un sistema audiovisual al que ella hacía referencia con una palabra similar.
–¿El sistema de ese libro? –le preguntó un periodista de El correo gallego en agosto de 1962.
–Ideovisual. Ya observará usted que responde al progreso del vivir actual y cumple las leyes de la enseñanza en general. Por su calidad de internacionalidad, facilita en el mundo el arte de enseñar a profesores, pedagogos, especialistas de la enseñanza, etc.
–Muy bien. ¿Qué forma de enseñanza caracteriza a este libro, doña Ángela?
–Pues la forma de enseñanza es atractiva y práctica. Se trata de una pedagogía ultramoderna.
Así era. «Sus conceptos estaban adelantados a la época. Pensaba con una visión actual. Pero con los materiales de aquella época no se podían construir muchas de sus propuestas. Yo lo comparo con un troglodita que quiere construir un rascacielos. Puede tener la idea muy clara, pero era imposible construirlo en aquel tiempo», especifica Asensio en una cafetería de Madrid.
Ese «fácil manejo» del que hablaba siempre Doña Angelita es hoy la perseguidausabilidad. Girar los carretes de la enciclopedia para ir descubriendo sus contenidos recuerda al actual scroll para deslizarse por los contenidos de una web. Doña Angelita propuso que aquel libro se debía leer en horizontal y vertical, igual que ocurre hoy con las tabletas. Sería una herramienta de lectura y también de escritura. «Lleva, además, un plástico para escribir y dibujar», indicó en una de sus entrevistas con Carmen Payá.
La maestra dedicó el resto de su vida a contar su idea. Fue a ferias de varios países y a decenas de despachos de organismos oficiales y editoriales. Estaba convencida de que su invento, además, resultaba más económico que un ejemplar de papel. «Esta enciclopedia mía, cerrada, queda del tamaño de un libro corriente y de facilísimo manejo. Y para autores y editoriales reduce considerablemente el coste, por no necesitar ni cosido ni encuadernado, y queda impresa en una tirada», indicó en el artículo de Una mujer triunfa.
Ni siquiera la paró la jubilación. Ruíz Robles viajó a menudo a Madrid para seguir visitando editoriales y despachos del Ministerio de Educación con la intención de que su enciclopedia acabara en todos los colegios. Su nieto la acompañaba siempre. «La enciclopedia estaba reconocida como libro de texto por el Ministerio de Educación, pero supongo que a las editoriales no les gustó porque, al fin y al cabo, era competencia de los libros que ellos editaban», cuenta González de la Rivera.
En una entrevista de 1958 la maestra dijo que algunas «firmas extranjeras» querían comprar su primera patente pero ella siempre se negó a que sus inventos se fabricasen fuera de su país. Ese interés venía de Estados Unidos, según sus hijas, pero nunca lo tuvo en cuenta. «Mi deseo es que sea España la que pueda beneficiarse de mi trabajo», declaró. Doña Angelita, durante ese tiempo, había ido acumulando carnés de inventora en este país. En 1952 le concedieron la ‘Tarjeta del inventor’ y en 1966 obtuvo un carné de ‘Inventor científico’ de la Federación Politécnica Española de Diplomados.
En todos esos años de recorrer despachos ocurrió algo que hizo pensar a la maestra que, por fin, su enciclopedia entraría en los colegios. En 1971 consiguió que el Instituto Técnico de Especialistas en Mecánica Aplicada (ITEMA) hiciera un anteproyecto para fabricarlo y analizara la viabilidad económica del proyecto. La propuesta contemplaba que el libro mecánico se produjera en plástico y acero, y cada ejemplar costaría entre 50 y 75 pesetas. No pudo ser. Ni siquiera lograron financiación para crear un prototipo.
Doña Angelita murió en 1975. Hasta el día de su muerte pagó, puntualmente, las cuotas de su patente con la esperanza de que los escolares dejaran de acarrear carteras repletas de libros. Hoy todavía ocurre así. Su propósito de que todas las materias estuvieran en un único dispositivo sigue siendo considerado tecnología punta. Este mismo año, Telefónica y el Ministerio de Educación han presentado un proyecto de aula virtual en el que los alumnos y los profesores dejarán de usar libros de papel.
Los contenidos de las asignaturas, las actividades, las notas, la agenda y todos los materiales que necesitan para la clase estarán en digital y accederán a ellos mediante un único dispositivo. La plataforma pedagógica en internet que utilizarán se llama Weclass. Esta tecnología dista mucho de lo que la profesora de León tenía a su alrededor pero los lemas que emplean hacen referencia a los mismos retos que ella se planteaba en los años 30: «Enseñar nunca fue tan fácil» y «Aprender nunca fue tan divertido».
En 2002, Michael Stern Hart, el proclamado inventor del libro electrónico, dijo en una entrevista con The Guardian: «Lo que me ha permitido llevar a cabo este proyecto es estar en el sitio correcto en el momento adecuado, al igual que le ocurre a los inventores con sus inventos. De alguna manera yo había previsto lo que iba a ocurrir con la Red treinta años después». Doña Angelita, en cambio, tuvo que conformarse con otro tipo de gloria. Algo que repetía a menudo: «El placer cumplido proporciona dulce gozo».